Jardin sans fil, l'internet démocratisé
Deux étudiants, Loïc Devaux et Eric Garand, ont mis en place une initiative qui permet aux clients de la Brasserie du Jardin Lecoq de Clermont-Ferrand de surfer gratuitement au soleil. Un "hotspot" qu'ils espèrent pouvoir installer dans d'autres points de la ville du département avec leur association Bougnat sans fil. Une initiative révolutionnaire en Auvergne.
Surfer gratuitement grâce à un réseau wi-fi accessible à tous, c'est le concept du "hotspot" que Loïc Devaux a découvert lors d'un stage au Québec dans le cadre de ses études. L'"île sans fil", une association à but non lucratif, a ainsi installé pas moins de 60 points d'accès gratuits à Montréal utilisés par 2000 internautes. De retour du Québec, Loïc Devaux propose à son ami de toujours Eric Garand, de lancer la même idée à Clermont-Ferrand. Celui-ci est enthousiaste et bientôt le premier point d'accès est identifié, ce sera la brasserie du jardin Lecoq, fréquentée par les étudiants de la fac de Droit et de Lettres. Et après quelques semaines de fonctionnement, c'est déjà le plébiscite avec 8 connexions par jour et 111 inscriptions au site qui permet la connexion. "Le propriétaire de la Brasserie a vu de nouvelles têtes venir dans son établissement depuis que nous avons mis en place le hotspot. Des personnes qui tous les jours viennent consulter leurs mails ou travailler en terrasse. Il faut dire que le cadre bucolique joue aussi", explique Loïc Devaux. Ainsi, un touriste en transit s'est arrêté une semaine de plus à Clermont-Ferrand lorsqu'il a découvert le hotspot, en profitant pour organiser son séjour dans le Sud de la France, trouvant des points de chute pour les jours à venir.
"Une vraie motivation de satisfaire et de rendre internet accessible au plus grand nombre"
Le projet des 2 étudiants : Appliquer ce concept gagnant à d'autres endroits de Clermont et d'ailleurs. Pour ce faire, ils sont d'ailleurs en pourparlers avec la Communauté d'Agglomération pour mettre en place des points d'accès dans des salles de lectures. Les bars sont aussi visés par les deux étudiants. Le café de Paris à la Bourboule, un hôtel à Riom et la propriétaire d'un immeuble qui loue des appartements sur Clermont-Ferrand seraient intéressés par le concept. "Le seul coût à prendre en charge par le propriétaire du lieu dans lequel nous posons notre hotspot se monte à 15 euros par mois de connexion illimitée + 9 euros pour la location de l'antenne wi-fi, le serveur du site oùles internautes s'inscrivent pour accèder à internet et les frais de l'association. Cette dernière installe le point d'accès et s'assure du bon fonctionnement de la connexion. Pas besoin donc d'être informaticien pour accueillir cet outil de fidélisation de clientèle.
Pour des raisons de sécurité et de responsabilité du lieu qui accueille le hotspot et de l'association, les sites de téléchargement de type "peer2peer" comme Kazaa sont bloqués. L'accès aux différents services de messagerie, au web, aux services de visioconférences, de téléphonie gratuite de type Skype est par contre possible. D'autres part, les deux initiateurs du projet sont à l'écoute de suggestions de la part d'utilisateurs pour élargir ce panel sur demande. L'accès à certains jeux en ligne pourrait donc prochainement élargir l'offre du service. Une vraie motivation de satisfaire et de rendre internet accessible au plus grand nombre est donc palpable chez l'équipe qui s'engage au moins pour les 3 ans à venir dans ce projet. "Cela nous permet de développer une idée intéressante qui marche et de bénéficier de son impact positif pour trouver un emploi par la suite. Loïc, qui suit des études d'informatique, et Eric, étudiant en droit, pensent déjà à d'autres de développement à explorer pour leur association comme de la téléphonie vers d'autres pays lointains via internet.
RLL
